Rhalala, l’amour, l’amour…
J’ai connu ma première histoire à seulement 16 ans. J’avais l’impression d’être tellement grande, mature, d’avoir tout compris à la vie… (Avec le recul, et maintenant que je suis maman, je me dis que j’étais vraiment un bébé et que c’était bien trop tôt).
Cette histoire a forgé une grande partie de ma vie. Moi, la petite fille insignifiante, que personne ne voyait. Moi, la petite fille de parents agriculteurs. Moi, dont le corps avait tardé à se former. Moi, si peu sûre d’elle, qui avait peur de déranger.
Lui, le gars populaire du lycée. Lui, le gars de 18 ans avec sa voiture.
Il m’avait vue. Il m’avait remarquée. Comment était-ce possible ? Je me souviens d’une immense fierté. Cela faisait longtemps que je voulais connaître ça. Toutes mes copines avaient des copains (des vrais, je veux dire) et moi… moi j’enchaînais râteau sur râteau. Et là, j’avais tiré le « gros lot ».
En écrivant ces lignes, je me rends compte à quel point les conditions étaient réunies pour que le piège se referme. Je suis devenue accro très vite (oui, accro, moi qui me pensais si indépendante). L’amour a laissé place à la dépendance. Je ne savais plus vraiment qui j’étais, ni ce que j’aimais (à part lui).
Puis, l’histoire a pris un tournant dramatique. J’expérimentais de plus en plus le rejet et de moins en moins l’amour. Jusqu’à vivre des situations détestables qu’aucun mot ne pourrait décrire.
Ce fut la descente aux enfers. Comment vivre quand on ne vit plus pour soi depuis des mois, voire des années ? Je ne savais plus faire. J’avais éloigné presque tous mes amis. La seule chose que je ressentais, c’était de la tristesse ou de la colère. J’alternais entre le rôle de victime et celui de bourreau. Petit à petit, j’ai rempli mon monde de noirceur. Même les choses magnifiques que je réussissais (par je ne sais quel miracle) à faire entrer dans ma vie finissaient par se ternir et perdre leur saveur.
Je n’avais plus le goût de me lever le matin. Pour quoi faire ? Recommencer hier ? Constater que les gens me mentaient ou me rejetaient ? Car c’est ce que je ressentais au plus profond de moi : un besoin d’amour impossible à assouvir. Un besoin de sécurité et de réconfort que même la personne la plus aimante n’aurait pu combler.
J’entendais partout qu’il fallait que je « m’aime moi-même », mais bon sang… si seulement c’était aussi simple ! Je me sentais bloquée, impuissante. Prise dans un engrenage négatif, à mendier un bout d’amour par-ci, un bout d’amour par-là.
Puis un jour, grâce aux accompagnements dont j’ai bénéficié, grâce aux livres, mais aussi et surtout grâce à une immense volonté de m’en sortir, j’ai fini par ouvrir les yeux. J’ai enfin compris cette fameuse phrase.
Il n’y a pas de remède miracle pour guérir toutes ses blessures d’un coup. Chacun doit découvrir sa propre façon de traverser l’obscurité pour retrouver sa lumière. Mais ce qui est sûr, c’est que j’aurais été incapable de le faire seule. Ou alors, j’aurais mis beaucoup plus de temps… et le temps est précieux.
Ne le laissez plus filer. N’attendez plus pour vous prendre enfin la main, avec amour.


Comments
2 réponses
Ouiiiiiiiii chère Estelle,
Merciiii infiniment à toi pour la belle Lumière qui rayonne de toi et pour tout ce chemin d’Amour parcouru vers Toi
Merci pour ces confidences Estelle.
Il faut parfois de longues années pour réaliser la souffrance que les autres nous infligent a ne pas nous donner l’amour que nous méritons.
Il m’a fallu 30 ans pour le dire à mes parents. Il m’en a fallu 20 de plus pour l’accepter.
Le chemin est long mais au bout il y a la lumière qui rayonne en nous depuis toujours et qui était simplement cachée par l’ombre des autres…