À vous qui passez votre temps chez les autres,
à organiser des soirées chez vous tous les jours,
ou à partir en vacances avec vos deux couples de potes et leurs gamins.
À vous qui adorez dire :
« Chez nous, c’est la maison du bonheur, il y a toujours quelqu’un qui passe, on ne s’ennuie jamais… »
ou encore, (et c’est vraiment celle qui me fait le plus grincer des dents),
« Plus on est de fous, plus on rit ».
Bref, à vous qui vous débrouillez toujours pour voir le plus de gens possible en un minimum de temps.
Sachez-le : je n’ai absolument rien contre ça.
Je n’ai rien contre vous.
Mais il faut nous laisser tranquilles.
Oui, nous, les personnes qui préférons les petits comités.
Nous, qui avons besoin de temps seul pour nous ressourcer.
Nous, qui voyons notre niveau d’énergie baisser à vitesse grand V lors des repas de famille.
Nous, qui sentons la frustration et l’agacement monter encore plus haut que le brouhaha ambiant.
Oui, il faut nous laisser tranquilles quand nous refusons parfois certaines de vos invitations.
Oui, il faut nous laisser tranquilles quand nous ne vous invitons pas tous les jours.
Car si vous vous nourrissez des gens,
nous, nous nous nourrissons du silence et des moments d’introspection.
Et si vous pensez que nous sommes égoïstes, ou que nous n’aimons pas les autres,
c’est que vous ne voyez pas que notre absence est parfois physique, mais jamais mentale.
Les autres ne sont pas toujours avec nous mais ils sont toujours dans nos têtes. Nous pensons sans arrêt à eux et nous accordons de l’importance aux gestes : prendre des nouvelles, offrir des cadeaux, réconforter.
On peut aimer sans avoir besoin d’être constamment ensemble.
On peut aimer les gens, avoir envie de les aider, de leur faire plaisir, sans pour autant avoir envie de cuisiner tous les jours pour quinze personnes, ni de supporter H24 les enfants des autres.
Ce texte me tient vraiment à cœur.
Parce que depuis toute petite, on m’a fait croire que je n’aimais pas les autres.
Parce que j’étais plus timide.
Parce que j’avais besoin d’être parfois, (bon ok, souvent) dans mon cocon.
Et vous savez quoi ? J’y ai cru.
Je me suis même persuadée que j’étais quelqu’un d’égoïste. J’en suis venue à détester mon côté ermite.
Pourtant, même si j’ai fait des erreurs, j’ai toujours été la copine, la femme, la maman
qui prenait des nouvelles,
qui offrait des petits cadeaux,
qui montrait son amour.
Pas à toute une armée de gens, non. Mais à quelques personnes pour qui mon cœur avait vraiment vibré.
On aime tous chacun à notre façon. Et jusqu’à preuve du contraire, la quantité n’a jamais été une preuve de qualité.

