Que ce soit dans la cour de récré, en soirée, au travail ou autour d’un dîner, on a tous, au moins une fois, croisé la méchanceté. Parfois dirigée contre nous, parfois commise malgré nous. Car soyons honnêtes : on a tous été à l’origine de méchanceté un jour.
Mais de quoi parle-t-on exactement ? Les dictionnaires la définissent comme le caractère d’une personne encline à faire du mal à autrui. Cela suggère que toute action commise en sachant que l’on va blesser est un acte de méchanceté.
De mon côté, j’aimerais apporter une nuance importante et la reformuler ainsi : la méchanceté est un comportement qui n’apporte rien d’autre que la satisfaction d’avoir blessé.
Cette précision est capitale. Elle permet de distinguer la méchanceté de l’affirmation de soi. Poser ses limites ou oser dire “non” peut blesser l’autre, mais ce n’est pas de la méchanceté, car ça nous permet de nous respecter et d’assainir une relation. La méchanceté pure, elle, n’a aucune perspective lumineuse, elle ne produit que de la douleur.
Mais, soyons francs deux minutes, on a tous un jour usé de cette méchanceté non constructive :
- Avouer (ou laisser s’échapper volontairement) un secret, sans que cela n’apporte rien à personne.
- Crier sur quelqu’un par frustration d’être incompris.
- Ignorer une personne pour lui “montrer” notre désaccord.
- Insulter pour rendre un semblant de coup.
- Forcer l’autre par pur ego.
- Oublier volontairement une date importante pour provoquer une réaction.
Et j’en passe…
Je ne suis pas là pour juger, mais pour décrypter ce réflexe parfois viscéral de méchanceté. Derrière ce choix, j’y vois de la peur.
Peur de ne pas savoir gérer l’intensité de la vie ou la lumière des autres. Peur que nos propres secrets éclatent, peur d’être perçu comme quelqu’un de “bête”, peur d’être forcé d’être qui on ne veut pas être… Peur, surtout, de ne pas exister, d’être abandonné ou rejeté.
Quand on est en paix avec soi-même, on n’a pas besoin de blesser. On n’a plus peur de la lumière, et on ne cherche plus à se protéger derrière l’obscurité.
Si tu as fait ou dit des méchancetés, cela ne fait pas automatiquement de toi un méchant. Alors ne perds pas ton temps à culpabiliser et, à la place, essaye de comprendre le mécanisme : pourquoi as-tu réagi ainsi ? T’es-tu senti abandonné ? Trahi ? As-tu perçu une injustice insupportable ?
L’idée est de trouver le bon “parasol” : celui qui te permettra, la prochaine fois, de profiter du soleil et de la lumière des autres sans avoir peur de te brûler.
On a tous fait preuve de méchanceté, on en a tous été victimes. Le meilleur moyen de l’éteindre, c’est d’apprendre, enfin, à vivre en pleine lumière.

