Je n’ai jamais eu besoin du 14 février pour coller des petits mots d’amour sur un miroir, organiser une fête surprise ou cuisiner un plat qui fait briller les yeux. Pour moi, le romantisme n’est pas une case à cocher sur un calendrier, c’est une gymnastique du cœur. Une attention de tous les jours.
Ce qui m’attriste, c’est qu’on est souvent capables de déployer des trésors d’énergie pour l’autre, tout en étant d’une cruauté sans nom avec nous-mêmes.
Regardez comment on se traite à la moindre peur, à la moindre contrariété. On se tourne le dos. On se “largue” mentalement dès que ça devient difficile. C’est le fameux : « Désolée, ce n’est pas toi, c’est moi… ce n’est pas le bon moment. » Parfois, on fait même pire : on se ghoste. On ne prend même plus la peine de s’écouter, on s’ignore, on s’abandonne.
Comme quelqu’un qui enchaîne les conquêtes pour ne pas affronter le vide, on espère que changer de vie, de job ou de décor du jour au lendemain va tout régler. Mais on ne peut pas passer du tout au tout sans avoir pris le temps de comprendre. Un couple qu’on essaie de sauver ne se répare pas en changeant de partenaire, il se répare en s’asseyant à la table pour discuter.
C’est là que les comédies romantiques entrent en jeu. On se moque souvent de leur côté “fleur bleue”, mais elles cachent une leçon de survie : pour atteindre le happy end, le héros doit accepter de traverser les doutes, les contretemps et les moments de solitude ridicule sous la pluie. Si on regardait nos propres épreuves à travers cet écran-là ?
Imaginez que vos difficultés actuelles ne soient pas une fin de non-recevoir, mais juste le “milieu du film”. Ce moment inconfortable, mais nécessaire, où l’on apprend enfin à se connaître.
Et si vous décidiez, là maintenant, de ne plus vous quitter ? De vous laisser charmer par vos propres failles ? Si vous vous disiez que quoi qu’il arrive, vous avancez dans la bonne direction ?
Vivre sa vie comme une comédie romantique, ce n’est pas nier la douleur. C’est avoir la certitude absolue que l’amour (celui que vous vous portez à vous-même) finira par triompher. Parce qu’au fond, la plus belle rencontre de votre vie, c’est celle que vous n’avez pas encore fini de faire : la vôtre.


Laisser un commentaire