Il existe un verbe qui est notre meilleur ami lorsqu’il s’inscrit dans le présent, mais notre pire ennemi lorsqu’on l’utilise au futur. Ce verbe, c’est le verbe attendre.
À l’origine, ce mot signifiait « tendre son esprit vers, être attentif à ». Ce n’est pas moi qui l’invente, c’est son étymologie : du latin ad (vers) et tendere (tendre). Mot à mot : tendre vers.
C’est de là que le mot « Attention » tire tout son sens. Être focalisé sur une tâche, sur une action. C’est sans doute le plus beau des cadeaux que l’on puisse se faire : être réellement présent dans l’instant et profiter de ce que l’on vit, sans se laisser parasiter par le reste.
Pourtant, au fil des siècles, ce verbe a pris une autre tournure, sans doute influencée par notre expérience du quotidien. Aujourd’hui, nous ne l’utilisons presque plus pour son sens premier, mais pour sa nouvelle définition : se tenir en un lieu, ne rien faire avant que… Dès lors, on ne se focalise plus sur le présent, mais sur le futur ; non plus sur ce qui est, mais sur ce qui pourrait être (ou ce que l’on pense qui devrait être). C’est à cet état que le mot « Attente » est associé.
- Dans le premier cas, attendre n’est pas un souci : il n’y a pas de frustration, car nous sommes tournés vers l’intérieur, pleinement conscients.
- Dans le second cas, attendre devient une torture. Nous n’arrivons plus à porter notre attention sur ce que nous vivons ici et maintenant. Le plaisir s’efface au profit de l’anticipation. Tout devient alors conditionné par l’extérieur. Vous savez… c’est quand on se dit qu’on pourra enfin se reposer « quand on aura moins de travail ». C’est quand on tourne en rond en actualisant sa boîte mail sans arrêt. C’est quand on reste dans une relation douloureuse dans l’espoir que l’autre change. Souvent, cela met trop de temps à arriver. Parfois, cela n’arrive jamais. Et nous traversons alors de grands moments d’impatience et de frustration.
J’ai moi-même été énormément confrontée au second cas, d’autant plus en étant à mon compte. Il est si facile de conditionner son sentiment de sécurité à des événements que l’on projette. Pour revenir au présent, j’essaie de ne plus lier mon bonheur et ma sérénité à des hypothèses ou à des résultats, mais plutôt au chemin emprunté et aux expériences vécues.
Cela peut paraître cliché… mais pendant que l’on attend désespérément qu’une chose arrive, le temps file, et les moments de plaisir avec lui.
Attendez au présent, mais n’attendez plus au futur !


Comments
Une réponse
Intéressant cette étymologie Est-elle! Elle change tout. Je vois bien comment je peux me bloquer avec le no2. Ce qui est interessant c’est que quad j’observe mon homme être dans l’attente d’un résultat quelconque, il se met parallèlement dans une action de « tendre vers ». Il bouge il agit. Des comme ci il n’y avait pas à attendre. Des fois dans un autre domaine. Mais ça débloque l’énergie.
Merci à toi pour cette lumière en tout cas!